Publication de Jean Pierre Bernier, passionné d’histoire de l’Amérique francophone

Le comté d’Antigonish en Nouvelle-Écosse.

Le Conté d’Antigonish un lieu intimement lié à deux grandes institutions de l’histoire du Canada.

D’abord au Séminaire des Missions Étrangères (SME) à Québec fondé en 1663 par Mgr François de Laval ainsi qu’à la Première Nation Mi’kmaq, puis à la société morutière Robin, Piton et Compagnie qui a facilité le retour de beaucoup de familles acadiennes exilées en France suite au Grand Dérangement de 1758 des îles Royale (aujourd’hui le Cap-Breton) et Saint-Jean (aujourd’hui l’Île-du-Prince-Édouard).Sachez.

D’emblée que le comté d’Antigonish https://fr.wikipedia.org/wiki/Antigonish_(Nouvelle-%C3%89cosse) est situé sur le golfe du Saint-Laurent et que les villages de Havre Boucher, Tracadie et Pomquet font partie intégrante de la francophonie d’Amérique. Antoine Gaulin, originaire de Sainte-Famille à l’île d’Orléans, était prêtre du SME. En 1716 (selon les Mi’kmaq). Il rassembla un grand nombre d’entre-eux occupant la péninsule acadienne autour de sa grande mission d’Antigonish.

Celle-ci se trouvait à l’intérieur du territoire britannique (l’Acadie anglaise) mais proche de l’Isle Royale (l’Acadie française).

Plus tard, l’abbé Gaulin fonda plusieurs autres missions en Nouvelle-Écosse, notamment, au Cap-Sable, à La Hève (Lahave), à Shubénacadie (voulant dire «région abondante en arachides», et à Mirliguèche (près de Lunenburg). Ses écrits de 1720 décrivent bien le peuple Mi’kmaq, mot signifiant « les gens du pays», c’est-à-dire ceux qui habitent les terres de l’Est. https://fr.wikipedia.org/wiki/Micmacs

Les extraits suivants en disent beaucoup sur ses hôtes : « En ce qui concerne les règles de la morale chrétienne, il était facile de les convaincre, car ils en pratiquent déjà beaucoup, bien que pour des motifs différents. Par exemple, le vol leur était inconnu, rien n’était sous clé, il semblait que tout était en commun, le mensonge était autant honni que le vol, la pluralité d’épouses était plutôt rare».

L’abbé Gaulin souligne aussi «L’hospitalité leur était très chère et la charité était généralement pratiquée. C’était même une question d’honneur d’aider les pauvres, surtout s’ils étaient des étrangers». Puis il ajoute « Étant naturellement très flegmatiques, on les voyait rarement en colère. Ils n’étaient pas enclins à des accès de colère comme les Européens». Pour marcher dans les souliers des Acadiens du comté d’Antigonish (au dire de Félix Leclerc), il faut d’abord tenir compte de Charles Robin et de son entreprise transatlantique.

Cet entrepreneur d’outre-mer est né sur l’île anglo-normande de Jersey située dans La Manche en face de Saint-Malo, France.

.En 1765, il fonda un commerce familiale de morue séchée, la Robin, Pipon et Compagnie. Dès 1770, la société possédait plusieurs navires faisant la navette entre trois ports principaux, c’est-à-dire Jersey en Grande-Bretagne, Arichat sur l’île Madame au Cap-Breton, et Paspébiac dans la baie des Chaleurs où des milliers de quintaux de morue étaient asséchés sur les rives de la péninsule Gaspésienne. La navigation entre Arichat et Paspébiac se faisait par le détroit de Canso.

Le magasin général d’Arichat qui appartenait à Robin lui permettait d’apporter aux Acadiens et aux Mi’kmaq le nécessaire pour la pêche et des denrées de première nécessité. En échange, le « Roi de la morue» acceptait d’être payé en morues, en saumons ou en fourrures. Son entreprise devint l’une des plus grandes sociétés commerciales du Canada, tout comme la Compagnie de la Baie d’Hudson.Nous savons qu’à partir de 1772 les navires marchands de l’entreprise Robin ont amené à Arichat plusieurs familles acadiennes en exil à Saint-Malo.

Les acadiens à Saint Malo.

Savez-vous qu’à Saint-Malo il n’existe aujourd’hui aucune évocation directe (ni plaque ni monument commémoratifs) du séjour des Acadiens dans la région, à l’exception d’une simple plaque de rue, qui pourrait presque passer inaperçu. Cette « Rue des Acadiens » à Saint-Malo ressemble à tant d’autres dans une ville presque entièrement reconstruite après la deuxième guerre mondiale, sans recéler la moindre trace de réfugiés acadiens.

Il faut faire un effort de mémoire pour le savoir…

Jean Marc Agator, passionné par l’histoire du Canada et des communautés francophones d’Amérique du nord et créateur du site internet Chemins de la Francophonie , écrit le récit suivant:

“Après leur arrivée à Saint-Malo, les Acadiens s’étaient concentrés dans les villages de Saint-Servan (aujourd’hui un quartier de Saint-Malo, à 2 km de la rue des Acadiens), Saint-Enogat (aujourd’hui Dinard), Saint-Suliac et dans de nombreuses autres paroisses proches de Saint-Malo.

En 1762, ils étaient déjà plus de 1100 et un an plus tard, ils accueillaient environ 375 de leurs compatriotes libérés des ports anglais où ils étaient retenus. Leur nombre continua d’augmenter jusqu’aux premiers départs vers le Poitou, en août 1773. Sans doute ce grand rassemblement était-il motivé par les regroupements familiaux et la volonté des Acadiens de s’organiser en communauté pour faire valoir leurs intérêts.

En 1774, ce noyau principal migra pourtant en bloc vers le Poitou. Certaines familles choisirent de rester dans la région même si, parfois, il fallut un concours de circonstances. L’histoire du château de Quincoubre, près de Pleudihen, sur la rive droite de la Rance, est éloquente à cet égard…”

Courtoisie des Archives de la Nouvelle-Écosse (couple Mi’kmaq, artiste inconnu), et de l’École acadienne de Pomquet dans le comté d’Antigonish.

Lire un autre article sur les liens entre Louisiane et Acadie, cliquez sur Acadie.

Au delà des frontières, retour en Acadie
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