La généalogie au service des souverains

Les rois, à l’instar des Grecs, étaient considérés comme les descendants des Dieux sur Terre.

La généalogie pouvait alors permettre de légitimer un souverain sur un trône au vu de sa descendance.

En Europe de l’Ouest, a partir du XIIème siècle en , les souverains, l’aristocratie et la noblesse utilisèrent la généalogie principalement à des fins politiques.

En France, la généalogie s’est intéressée d’abord aux dynasties et à l’ordre de succession dans chacune d’entre elles. On pourra citer les dynasties suivantes :

Des Mérovingiens (448 /742), – Des Carolingiens (751 / 979), – Des Capétiens (987 / 1322).

Il est intéressant de souligner que cette dynastie est issue d’Hugues CAPET, « Hugues » signifiant « chef » et  « Capet» provenant du latin « caput » qui signifie « tête ». C’est cette dynastie qui régnera sans interruption jusqu’à Louis XIV.

Ici la généalogie prend tout son sens dans le nom même de la tête de la lignée.

– Dynastie des Valois (1328 /1575), – Dynastie des Bourbons (1594 / 1825 )

La généalogie un enjeu politique

La généalogie était devenue un enjeu politique, la loi salique de 1328 imposant en France la succession de mâle en mâle. Une fois éteinte une branche issue du même tronc, il fallait passer à une autre branche. L’Eglise vérifiait les descendances bibliques au vu des généalogies.

La généalogie était utilisée par les gens aisés pour établir la noblesse de sang d’un individu.

On rappellera qu’en France, devaient payer « la Taille » ceux qui n’avaient pas de généalogie, comme les membres du tiers-état.

Des enquêtes pour contrôler un titre

Des enquêtes de noblesse étaient entreprises à plusieurs périodes pour contrôler le bien-fondé d’un titre.

Le but pouvait être multiple selon les cas pour obtenir certains privilèges, il fallait garantir par exemple des preuves matérielles pour prouver que l’on n’était pas roturier :

– Une ordonnance parue en 1666 impose aux nobles de prouver leur rang sur quatre générations afin d’obtenir un grade particulier dans l’armée.

-Les femmes devaient également justifier d’une certaine descendance pour accéder à des ordres tels que celui de Malte.

– Prouver son origine noble pour son « extraction », pouvait aussi permettre de rentrer au service du roi. En fonction du nombre de « races nobles », on pouvait prétendre à tel ou tel titre (à partir de « trois races » correspondant à quatre degrés minimum).

La généalogie pouvait également servir à justifier un droit de propriété sur des terres et des rentes qui y étaient liées.

Enfin, la généalogie était également utilisée par l’Eglise, pour  vérifier la conformité de certains actes tels que le mariage selon différentes règles comme l’interdiction de l’endogamie (au sens de la consanguinité).